Dystopie, Féminisme, Young Adult

L’année de Grâce, un roman percutant dans une société dystopique misogyne

« Personne ne parle de l’année de grâce. C’est interdit.
Nous aurions soi-disant le pouvoir d’attirer les hommes et de rendre les épouses folles de jalousie. Notre peau dégagerait l’essence pure de la jeune fille, de la femme en
devenir. C’est pourquoi nous sommes bannies l’année de nos seize ans : notre magie doit se dissiper dans la nature afin que nous puissions réintégrer la communauté.
Pourtant, je ne me sens pas magique.
Ni puissante. »

Un an d’exil en forêt.
Un an d’épreuves.
On ne revient pas indemne de l’année de grâce.
Si on en revient.

Quels péchés ? Celui d’être née fille ?

Bonjour mes petits lunars, comme promis depuis quelques semaines, je vous parle aujourd’hui de L’Année de Grâce qui sort d’ailleurs aujourd’hui.

Je suis complètement retournée par ce roman. J’ai adoré, puis moins, puis de nouveau énormément, puis la fin me laisse un goût d’inachevé mais en même temps m’a émue aux larmes.

C’est un roman féministe, purement et simplement. Chaque phrase, chaque mot a un poids énorme et dénonce les conditions des femmes, on ne peut s’empêcher d’y voir des parallèles avec notre monde actuel.

Dans ce roman, les femmes sont considérées comme des sorcières, on ne prononce jamais ce nom mais clairement c’est comme cela qu’on les désigne, des sorcières, des pécheresses qui tentent les hommes, qui lancent des sorts pour les ensorceler. Ainsi, on bride les femmes à l’extrême, elles n’ont aucun droit, aucune liberté (comme dans la Servante Ecarlate si j’ai bien compris). Elles n’ont que peu de possibilités, à savoir celui de procréer pour les Epouses, de travailler pour les Travailleuses (je ne retrouve plus le nom exact) ou de céder leurs corps pour celles qui n’ont pas eu de chance.

[…] – Dans le comté, il n’y a rien de plus dangereux qu’une femme qui dit ce qu’elle pense. Comme Eve … Vous savez ? C’est à cause d’elle que nous avons été chassés du paradis. Nous sommes des créatures sournoises, pleines de charmes diaboliques. A la première occasion, nous utiliserons notre magie pour entraîner les hommes sur la voie du péché, du mal et de la destruction … C’est la raison pour laquelle on nous envoie ici.

– Pour que vous vous libériez de votre magie, dit-il

– Non, dis-je tout bas, juste avant que le sommeil m’emporte? Pour nous briser.

Je ne vais pas vous mentir, c’est une lecture éprouvante, révoltante sur tellement de points. Les conditions des femmes, la façon dont elles sont traitées, ça donne la nausée. Mais le cœur du roman, c’est cette fameuse année de grâce.

Je préfère prévenir, ce n’est pas un roman d’action, mais plutôt un roman d’ambiance un peu à la Wilder Girls, avec une atmosphère pesante, lourde, malaisante, pendant une bonne partie du roman, on sent que quelque chose se prépare, quelque chose de grave, on le sent, la tension monte au fil des pages.

Les femmes du comté n’ont pas le droit d’avoir des animaux de compagnie. Les animaux de compagnie, c’est nous

J’ai énormément aimé ce roman, pour les messages qui sont derrières les mots, pour l’histoire, pour Tierney l’héroïne, pour toutes ces femmes qui ont été brimées. J’ai trouvé l’histoire de l’année de grâce originale sur le papier et j’aime ces ambiance glauques, c’est parfois morbide et délirant avec l’histoire de la magie qui doit sortir du corps des filles, c’est brutal, violent, puissant, on diabolise les femmes dans ce roman et waouh, ça fout une claque toutes ces remarques.

Cependant, j’y vois quand même quelques points de détails qui me titillent un peu. Comme je l’ai dit plus haut, c’est un roman d’ambiance avec peu d’action mais une tension très forte et j’ai été un poil déçue quand on découvre ce qu’est vraiment l’Année de grâce, je m’attendais à quelque chose d’encore plus sombre et au final, ça va. De plus, comme je l’ai mentionné en début, je suis mitigée sur la fin car il se passe quelque chose durant le roman qui devait amener quelque chose sur la fin qui au final n’arrive pas à cause d’un autre évènement, mais quelque part je trouve que c’est comme une trahison, je l’ai un peu vécu comme ça (même si je peux comprendre le choix de l’autrice puisque la fin m’a malgré tout émue, beaucoup). Mais voilà, c’est une fin un peu inachevée pour moi. Et pour être parfaitement honnête avec vous, il y a une petite romance dans le roman, ça peut déconcerter donc je préfère prévenir.

En bref

Malgré un ou deux bémols, j’ai globalement beaucoup aimé cette lecture féministe percutante et révoltante à la fois, à l’ambiance glauque et pesante. Si vous le lisez, je suis curieuse d’avoir votre avis.

  • L’Année de grâce – Kim Liggett – Casterman – Paru le 7 octobre 2020 – 19,90€ pour le format papier

6 réflexions au sujet de “L’année de Grâce, un roman percutant dans une société dystopique misogyne”

  1. Coucou notre lectrice lunatique chérie,
    Alors oui moi aussi ça me fait beaucoup penser a la Servante Ecarlate, et j’attend avec impatience de pouvoir lire celui ci.
    Merci pour ce retour.
    Gros bisous et bonne semaine

    Aimé par 1 personne

      1. Ouiii, j’ai failli t’écrire en le finissant! J’ai été étonnée et ça m’a plu. Je l’ai fini il y a une semaine maintenant et j’ai repensé au livre tout les jours depuis. Pour moi c’est un signe, même si je ne le considère pas coup de cœur. En tout cas merci encore.

        Aimé par 1 personne

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